La binationalité est un sujet clivant. L’extrême droite, qu’il s’agisse du Front National ou du Rassemblement National, ont toujours été viscéralement contre. Même si les positions ne sont plus clairement exprimées, les convictions demeurent.

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Le Front National (FN) a toujours été hostile à la binationalité – bien que le droit français le reconnaisse depuis les origines de la république. L’argument qui a toujours été mis en avant est celui de la loyauté. En effet, avoir une autre nationalité que la française, laisserait entendre que les binationaux pourraient trahir leur loyauté envers la France. Cet argument peut sembler un peu ridicule, car fondé sur une opinion, mais il présente l’avantage de la simplicité.
Marine Le Pen en 2012 et 2017, a intégré dans son programme l’exclusion des binationaux de certaines fonctions dans l’administration, notamment celles qui sont liées à la sécurité nationale (armée, police, etc.) ou à la diplomatie. Les binationaux en cas d’élection se seraient aussi vu interdire des hautes fonctions régaliennes (membres du gouvernement par exemple).
Le traité de Maastricht a permis de démasquer l’un des fondements majeurs de ce positionnement. En effet, à partir de son application en novembre 1993, les Français sont aussi citoyen de l’Union Européenne (et peuvent par exemple demander de l’aide dans un consulat d’un pays membre s’il n’y a pas de consulat français). Le FN et le RN ont été obligés de préciser leurs intentions. Il est alors apparu que la binationalité ne posait un problème que pour les nationalités « extra-européennes », ce par quoi il faut entendre les binationaux dans des pays africains ou asiatiques. Le lien de causalité avec une perception raciste de la citoyenneté est facile à établir.
Le RN a désormais une position qui masque bien son jeu. Si le principe de la binationalité n’est plus ouvertement remis en question, il demeure l’intention de priver ses titulaires de certaines fonctions régaliennes. Comme toujours avec l’extrême-droite, la bête est toujours là. On est passé d’une position d’exclusion (les juristes diraient « exclusionniste ») à un positionnement fonctionnel (restriction de l’accès à certaines fonctions).
Que l’on ne s’y trompe pas. L’intention est toujours là.