Lors du congrès des maires de France, le 18 novembre 2025, le chef d’état-major des Armées françaises a déclaré qu’un conflit avec la Russie était de l’ordre du possible d’ici 2030.
« Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à perdre ses enfants, parce qu’il faut dire les choses, de souffrir économiquement (…), si on n’est pas prêt à ça, alors on est à risque ».

Il ne fait aucun doute que cette déclaration de Fabian Mandon n’est pas un hasard mais qu’elle s’inscrit dans une stratégie de communication qui vise à préparer les Français à une militarisation de son économie – à commencer par les 2% du PIB pour l’armée – voire de sa société.
Le discours du général Mandon n’est pas sans rappeler les débuts de la République et la préparation au massacre de la première guerre mondiale. Le nationalisme avait si bien fonctionné que les jeunes garçons étaient partis comme un seul homme dans l’enfer des tranchées.
Est-ce qu’être français implique que l’on doive sacrifier ses enfants sur l’autel de la nation ? La réponse est non. Après un autre massacre, celui de la Deuxième guerre mondiale et la menace nucléaire, la guerre est devenue hors-la-loi, une impossible solutions aux questions internationales.
Dans cette hypothèse, terrible, d’une mobilisation pour une guerre semblable à celle de l’Ukraine, que ferait-on des binationaux ? Juridiquement la même chose que les autres Français de métropole. Ce scénario n’est pas sans rappeler celui de l’empire qui a fourni son contingent de « tombés pour la France » : 100 000. Juste pour mémoire.
Deux conclusions simples s’imposent. La première est un non, absolu, à la guerre. La guerre est une horreur et il faut absolument l’éviter. La seconde reprend la comparaison avec les colonisés. Si en période exceptionnelle, on se rappelle que les binationaux sont des Français comme les autres, peut-être serait-il bien d’insister sur le fait qu’en période ordinaire, ils sont aussi des Français comme les autres.