
Analalave, 1904 « Visite aux écoles »
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Est-ce que les binationaux parlent français ? La question peut paraître saugrenue et les réponses varient d’une personne à l’autre au sein d’une communauté qui représente plus d’un demi-million d’individus.
La langue est un élément constitutif de l’identité française.
Les Français entretiennent un rapport à leur langue qui remonte à la formation de la nation au XIXe siècle.
Avant l’école publique de la République, l’Etat français était une mosaïque de langues régionales.
Le Français était la langue de élites peu parlée dans les provinces qui cultivaient leur autonomie par rapport à Paris (comme la Bretagne ou l’Occitanie).
D’autres pays se sont constitués sur ce modèle comme la Pologne ou le Japon et présentent un même attachement à ce marqueur identitaire.
Par conséquent ne pas parler français, pour les métropolitains aujourd’hui, déroge au sentiment national, au fait d’être et de se « sentir » français.
Jusqu’à une période récente, les Français avaient d’ailleurs la réputation de ne parler que le français – au grand dam des touristes internationaux. Cette réalité a changé mais pas l’attachement à la langue.
L’école française est liée à la langue elle est le lieu de son apprentissage et/ou de son perfectionnement. Les linguistes, spécialisés sur le bilinguisme ou le multilinguisme, rappellent que la langue maternelle, c’est la langue… de la mère.
Si la nationalité est acquise par le père, il est donc possible que la mère parle à son enfant dans sa langue. Le père peut, ou non, parler français mais ce qui fait la différence en termes de bilinguisme, c’est la scolarisation.
Aller à l’école française, jusqu’au bout du cursus, permet d’attester d’un niveau de français fonctionnel (ce qui ne veut pas dire pour autant qu’individuellement, le français soit la langue utilisée dans la vie courante).
Jusqu’à une période récente, les binationaux étaient majoritairement scolarisés dans le réseau des écoles françaises, ce qui n’est plus nécessairement le cas (augmentation des frais d’écolage, distance par rapport au lieu de domicile, etc.). Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce qu’il a autant de réponses que d’individus ?
L’attachement et la pratique de la langue forment une question complexe mais essentielle dans la compréhension de ce que représente l’identité binationale hors de France.